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Organisation et gouvernance dans l’ère de l’humanitaire numérique
Andrej Verity & Mary Milner

 

 À l’avenir : l’intégration et le Digital Humanitarian Network

Les CV&T individuelles doivent logiquement envisager d’adopter pro-activement une position à l’égard des modèles de gouvernance et d’organisation afin de se prémunir contre les aspects négatifs de la hiérarchie informelle, de l’élitisme et de l’hyper-politisation survenant au sein de réseaux évoluant de façon naturelle. Cela est tout à fait réalisable en conservant une structure organisationnelle plate et un mode de prise de décisions distribué. Ces efforts à bâtir la durabilité, la légitimité et la fiabilité requises de la part du système humanitaire formel se prolongeront longtemps avant que les CV&T ne puissent devenir une force de réponse aux catastrophes à valeur égale. Au fil du temps, il est en effet devenu évident que les CV&T devront rejoindre les organisations formelles à mi-chemin afin que les travaux des CV&T puissent réaliser leur véritable potentiel. Il en va de même pour le système humanitaire qui devra assumer la responsabilité d’assurer que ces travaux soient encouragés, appuyés et intégrés afin de mieux satisfaire les besoins des populations affectées. Les deux côtés doivent ainsi investir dans un espace commun de collaboration, de discussion, de développement et de résolution des problèmes.

En recevant l’attention adéquate de la part du système humanitaire formel et des CV&T, le DHNetwork aurait le potentiel de devenir l’« interface » qui rendrait possible l’intégration complète (et non pas une assimilation) des CV&T au sein du système humanitaire. En tant qu’organe de coordination, le DHN pourrait :

  • Appuyer ses membres en termes de développement organisationnel, de gestion de projet et d’accords de collaboration ;
  • Faciliter le dialogue, la collaboration et les partenariats entre les groupes, et mettre en application les recommandations énoncées par les Lignes directrices de collaboration avec les CV&T et les Lignes directrices de collaboration avec les organisations humanitaires formelles ;
  • Soutenir la durabilité de ses membres en exploitant l’idée d’un marché d’aide participatif ou en trouvant des partenaires publics et privés afin de financer la poursuite du développement des CV&T et leurs initiatives ;
  • Mobiliser l’attention publique et institutionnelle quant aux CV&T et ce qu’elles proposent ;
  • Maintenir activement la liaison avec des organisations humanitaires formelles afin d’harmoniser les politiques, les procédures, les normes et les mécanismes ;
  • Créer un espace neutre servant à la médiation des différends entre les CV&T mais aussi entre ces dernières et le système humanitaire au sens large ;
  • Continuer d’agir comme mécanisme d’activation de CV&T par les organisations formelles.

Un DHNetwork complètement formé soulagerait la pression des deux côtés en leur permettant de se concentrer sur ce qu’ils font de mieux tout en abordant les difficultés administratives et d’intégration. La poursuite du développement du DHNetwork et des CV&T individuelles offrira la possibilité d’un financement durable pouvant permettre à ces réseaux de mieux gérer leurs volontaires, d’accroître leurs capacités d’intervention et de permettre à des employés rémunérés de se consacrer aux efforts des CV&T en continu.

Toutefois, afin d’atteindre cet objectif, le DHNetwork devra lui-même faire l’objet d’un développement organisationnel de taille et nécessitera l’investissement des CV&T ainsi que du système humanitaire formel.

 

Andrej Verity & Mary Milner
Andrej Verity est un fonctionnaire chargé de la gestion de l’information au Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) des Nations Unies (ONU) à Genève, en Suisse.
Mary Milner prépare un Master of Global Affairs (2014) au Munk School of Global Affairs à Toronto, au Canada.

Traduction de Quentin Nicaise.

Cet article est issu du blog personnel de Mr Verity : http://blog.veritythink.com/