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Organisation et gouvernance dans l’ère de l’humanitaire numérique
Andrej Verity & Mary Milner

 

 Aujourd’hui : l’innovation « de rupture » dans l’action humanitaire

En regardant l’évolution du système humanitaire, il est facile de réaliser que la structure actuelle découle de tout un siècle d’innovation, avec ses expérimentations, ses échecs et ses succès. Oui, la systématisation accrue de l’action humanitaire par des normes, des codes de conduite, des politiques et des procédures, en d’autres termes, le « gonflement » de la structure organisationnelle, est le produit d’un siècle d’innovation. Les CV&T remettent maintenant en question le statu quo du secteur et sont considérées au sein de la communauté humanitaire comme présentant des avantages et des risques pour le système qu’ils placent face à une innovation de rupture.

Les CV&T et les services qu’ils proposent présentent un potentiel considérable dont la réponse humanitaire et les populations affectées pourraient bénéficier. Il est alors de la responsabilité des CV&T et de la communauté humanitaire formelle de s’assurer que leurs efforts sont durables et continuent de croître, de s’adapter et de s’intégrer. Comme le montre l’histoire, le problème d’intégration des mouvements volontaires et des nouvelles technologies dans le secteur humanitaire n’est pas nouveau. En observant attentivement les CV&T « à succès », il est évident qu’elles ne s’éloignent pas tant que cela du système traditionnel. Le principal obstacle entravant leur intégration ne serait alors pas les politiques et les procédures, mais plutôt le fait que les deux parties ne réalisent pas encore leur nature somme toute similaire et bénéficieraient mutuellement de cette intégration dès lors qu’elles commenceraient à travailler ensemble de manière constructive. Comment peuvent-elles alors contribuer au système humanitaire tel qu’il existe actuellement ? Cette question n’a pas encore trouvé de réponse et les CV&T en tant qu’acteurs sont alors considérées comme un acteur humanitaire de plus à la fois nébuleux, étranger et malheureusement, à certains moments, malvenu.

En se penchant sur les efforts de collaboration passés entre des organisations humanitaires formelles et des CV&T (en Libye, au Japon, en Haïti et plus récemment aux Philippines), il est devenu évident qu’une collaboration efficace est possible lorsqu’un cadre permettant au réseau volontaire de travailler de façon organique est établi, tout en assurant la fiabilité et les protections requises par le système humanitaire. La nécessité d’un tel cadre est la raison précise pour laquelle le Digital Humanitarian Network [6] (DHNetwork : Réseau numérique humanitaire) a été mis en place et des documents d’orientation ont été rédigés (Lignes directrices de collaboration avec les CV&T [7] | Lignes directrices de collaboration avec les organisations humanitaires formelles [8]). C’est aussi la raison pour laquelle les CV&T ont demandé plus de clarté quant aux besoins des décideurs [9], ce qui a donné lieu à la Taxonomie des décideurs [10] et à l’atelier visant à définir les besoins des décideurs au cours de situations d’urgences soudaines [11]. Il est essentiel de pouvoir fournir des informations pertinentes, ciblées et correctement présentées lors des situations d’urgence.

UN-OCHA a récemment consenti à des efforts modestes visant à définir des cas d’utilisation détaillés où les CV&T peuvent améliorer, augmenter et amplifier des produits et des processus d’UN-OCHA. Ceci n’est toutefois qu’un petit pas en direction de l’intégration nécessaire. UN-OCHA et d’autres acteurs ont encore besoin d’une interface avec les CV&T. C’est dans cette niche que le DHNetwork a le potentiel de devenir le véhicule permettant à la fois intégration et collaboration efficaces entre les CV&T et le système humanitaire formel.