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Organisation et gouvernance dans l’ère de l’humanitaire numérique
Andrej Verity & Mary Milner

 

 Évolutions récentes : l’émergence des CV&T, la gouvernance horizontale et une collaboration efficace

Pour les sociétés privées, l’innovation est devenue une façon de gagner en compétitivité. Toutefois, la réponse humanitaire aux catastrophes était « protégée » par d’importantes barrières à l’entrée. Grâce à la technologie moderne, des acteurs extérieurs ont commencé à concevoir de nouveaux réseaux, de nouveaux outils et de nouvelles initiatives répondant mieux aux besoins du public. Il est possible que le premier élément important de cette tendance dans le secteur humanitaire soit l’émergence des Communautés volontaires et techniques (CV&T) qui sont des communautés de volontaires et/ou de professionnels cherchant à mettre leurs compétences et les technologies d’aujourd’hui au service de la réponse humanitaire formelle et des populations affectées en temps de crise. Ces réseaux de citoyens numériques du monde ont identifié les fossés présentés par la réponse aux crises internationales et ont entrepris de les combler. Ils correspondent à bien des égards à la description du Réseau de solution mondial [4] défini par Don Tapscott [5].

En tentant de définir l’approche de gouvernance idéale pour une structure horizontale, nous avons recherché d’autres exemples que les CV&T. Les communautés de logiciels open-source, mais aussi Occupy Wall Street et Wikipedia, ont tracé un nouveau chemin vers une structure organisationnelle horizontale. Toutefois, ils ont également témoigné de difficultés conséquentes en l’absence de structures de gouvernance et de structure organisationnelle prédéfinies. La conclusion essentielle fut que la définition d’une structure de gouvernance, en avance si possible, est d’une importance majeure quant à la survie de l’entité à long terme. Le manque de prise en considération d’une structure de gouvernance peut en effet donner lieu à une structure de pouvoir sans restriction, hyper-politique et préjudiciable au sein d’une entité sans dirigeants. Dans certains cas, la recherche a montré qu’une aversion à l’égard de la formulation d’une bonne gouvernance pour un réseau le rend vulnérable à l’apparition de hiérarchies informelles, c’est-à-dire le type de hiérarchie qui apparaît « naturellement » entre des individus. Ce type de hiérarchie peut en réalité s’avérer bien plus préjudiciable et débilitant pour un réseau qu’une structure organisationnelle prédéfinie. L’analyse de recherches liées à la gouvernance au sein d’organisations en réseaux a conclu que, malgré les intentions initiales de se défaire de toute hiérarchie, des structures hiérarchiques ont émergé au fil du temps. Même si les CV&T doivent continuer à s’inspirer de ces groupes, nous devons chercher à améliorer leurs modèles.