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Humanitaires en mouvement n°7, N° spécial " Haïti "

La relance économique et sociale en zone rurale après le séisme en Haïti : lier urgence, réhabilitation et développement
Peggy Pascal - Erwin Schmitt - Fabien Thomas

 

  V - Des approches divergentes en réponse aux besoins post-séisme

Le séisme du 12 janvier a amené de nombreux acteurs humanitaires à intervenir en Haïti mais la réponse apportée n’est malheureusement pas toujours en adéquation avec les besoins réels des populations. En effet certains acteurs ont des stratégies aux conséquences pouvant être néfastes à divers points de vue. Près d’un an après le séisme des acteurs continuent à distribuer de la nourriture sans réel ciblage des ménages dans lesquels des personnes souffrent de malnutrition ou mettent en œuvre des projets de « Nourriture contre Travail » alors que le problème ne se situe pas au niveau de la disponibilité en nourriture mais essentiellement de l’accès à celle-ci. Ce type d’intervention peut rentrer directement en compétition avec les marchés locaux qui sont largement fournis en denrées alimentaires variées. Heureusement, nombre d’acteurs humanitaires ont fait le choix stratégique de s’impliquer plus dans des programmes ciblant le transfert de ressources financières (argent contre travail par exemple) que dans la distribution alimentaire.

De plus, certains projets à HIMO (Haute Intensité de Main d’Œuvre), qu’ils soient « nourriture contre travail » ou « Cash contre travail », sont mis en œuvre pendant les pics de travaux agricoles au risque de détourner une partie de la population des travaux des champs. Ce type de projet peut également avoir un impact néfaste sur la disponibilité de la main d’œuvre agricole car les paysans sont plus intéressés à travailler pour un salaire payé par une ONG qui est souvent bien supérieur à ce que peuvent payer les propriétaires ou les gestionnaires des champs.

  VI - L’avenir des projets de relance agricole dans un pays plongé dans l’urgence

Actuellement Haïti est toujours plongé dans l’urgence de par la lenteur de la reconstruction et l’épidémie de choléra qui sévi depuis octobre 2010. On peut donc se poser la question de savoir si les bailleurs vont rester mobilisés pour continuer à financer ce genre de projet qui s’attaque à des problèmes de fond du système paysan Haïtien mais qui nécessite un travail à moyen voire long terme. Cela semble indispensable vu le fort potentiel de l’agriculture haïtienne qui a la capacité de produire pour une grande partie de la population et ne peut qu’être bénéfique pour ce pays restant trop dépendant de l’aide étrangère.

 

Erwin SCHMITT est responsable Programme en Haïti, Fabien THOMAS est le responsable Terrain et Peggy PASCAL est la référente sécurité alimentaire et mode de subsistance, au sein de Solidarités International. Tous travaillent pour l’ONG SOLIDARITÉS INTERNATIONAL