Espace humanitaire et droit
Contexte géopolitique, violation du Droit International Humanitaire, interdépendance des acteurs, réformes institutionnelles, rôle croissant des militaires dans l’action humanitaire, etc. … autant de facteurs qui ont des incidences directes sur l’espace de travail des acteurs humanitaires, qui se voit sans cesse plus amoindri et dangereux. Dès lors, comment garantir la nécessaire flexibilité, indépendance et impartialité de l’action humanitaire, mais aussi la sécurité et la protection des populations civiles victimes des crises ?
L’espace humanitaire : une notion complexe
L’espace humanitaire peut se concevoir comme un espace symbolique de liberté d’intervention, caractérisé par certaines modalités de travail et par le respect d’un certain nombre de principes, et dès lors mis en danger par les entraves et contraintes imposées aux acteurs humanitaires.
Cet espace est d’abord relatif au degré de respect et de protection des victimes des crises. La clé pour le préserver est donc le droit. Il est le seul outil permettant dans une certaine mesure de « limiter les dégâts » lors d’un conflit (faire en sorte qu’il y ait le moins de morts et d’exactions possible, garantir les droits des blessés et des prisonniers, etc.) et d’assurer une forme de structuration, via un cadre juridique permettant de qualifier les parties prenantes, les crimes, les droits et responsabilités de chacun etc. Or ce droit est souvent bafoué et ses piliers menacés.
Depuis le 11 septembre 2001, la nouvelle vision manichéenne des relations internationales questionne les principes humanitaires.
Certains acteurs politiques ont tendance à considérer l’aide humanitaire comme un instrument de politique étrangère et de gestion de crise. Alors que la distinction entre mandats militaires et humanitaires a tendance à s’estomper, l’humanitaire est associé à des considérations géostratégiques et économiques des grandes puissances et des pays donateurs. Le rejet de la présence humanitaire et l’insécurité sont croissants … difficultés qui réduisent la marge de manœuvre des acteurs et stigmatisent un enjeu plus large, lié au sens de l’action humanitaire et à l’acceptabilité de l’aide.
Dans cet espace humanitaire, des acteurs aux intérêts et fonctionnements parfois divergents se mêlent et se côtoient.
Des réformes institutionnelles se sont multipliées (système des Nations unies, Commission européenne, etc.). On observe une tendance vers un système intégré, dans lequel se mêlent acteurs humanitaires, politiques, militaires, etc. mettant en danger les fondements même de l’humanitaire. Bien comprendre les différents mandats, les rôles, responsabilités et limites de chacun est donc essentiel.
Les travaux du Groupe URD
Depuis sa création, le Groupe URD veille particulièrement à ces questions. A travers certains projets et différents types d’activités, il étudie les thématiques suivantes :
- Maintien et respect du DIH comme garant de cet espace humanitaire et de la protection des populations civiles ;
- Les évolutions géopolitiques et leurs impacts sur l’action humanitaire ;
- Les relations civilo-militaires sur le terrain ;
- Un espace humanitaire de plus en plus dangereux et inaccessible ;
- Une coordination des acteurs renforcée : risques et opportunités ?
Pour plus de renseignements, contacter François Grünewald
Les projets du Groupe URD liés à cette thématique depuis 2010 :
- Etude sur l’espace humanitaire et la situation sécuritaire à l’Est du Tchad
- UAH 2008 : le Consensus européen sur l’aide humanitaire, de grands principes à opérationnaliser
- UAH 2007 : sécurité et protection : mission impossible ?
- UAH 2006 : l’espace humanitaire en danger
- UAH 2003 : l’humanitaire post 11 septembre
Articles archivés :
Les articles de la revue "Humanitaires en Mouvement" liés à cette thématique :
- L’humanitaire au prix d’intérêts partagés, Michaël Neuman
- Comment les travailleurs humanitaires sri lankais de Vavuniya comprennent-ils le terme “humanitaire” et dans quelle mesure s’y identifient-ils ?, Olivia Collins
- La coordination humanitaire comme espace d’exclusion et d’affaiblissement des capacités locales ?, Andréanne Martel
- Les trois piliers de l’espace humanitaire à l’Est du Tchad , Olivia Collins - François Grünewald
- Stratégies d’influence des ONG Internationales sur les politiques publiques , Véronique de Geoffroy - Alain Robyns
- La responsabilité de protéger (r2p) : état des débats, Béatrice Pouligny
- Afghanistan : chronique d’un échec annoncé, Laurent Saillard
- L’impact socio-économique de la présence de la communauté internationale dans la ville d’Abéché, Mahamat Mustapha Absakine Yerima
- Les relations entre militaires et humanitaires à l’aune de l’échange d’information : où mettre le curseur ? , François Grünewald
- La Protection : le nouveau cache-misère de l’humanitaire ? , Marc Dubois
- Les défis de la protection en cas de vide juridique, le cas des réfugiés palestiniens au Liban, Alain Robyns
- La compétence pénale universelle, une voie pour en finir avec l’impunité d’Israël ? , Francisco Rey Marcos
- La guerre en Afghanistan ne se gagnera pas par les armes, François Grünewald
- Des acteurs humanitaires se mobilisent autour du Consensus européen sur l’Aide Humanitaire, Véronique de Geoffroy - François Grünewald
- Le Soudan, la Cour Pénale Internationale et les humanitaires : des relations risquées, D.M







